images mnésiques
La notion d’image ne renvoie pas seulement à l’aspect figuratif que l’on attribue généralement à ce mot. En langage neurologique, on peut parler (comme Freud) d’image visuelle, d’image sonore, tactile, cénesthésique, motrice... Cela est important pour bien saisir la différence avec les traces mnésiques qui, elles, sont dépourvues de ces qualités, étant des restes que la psyché éprouve comme excitations en besoin d’être qualifiées.
Cela implique aussi qu’il y a différents niveaux d’organisation inconsciente: le niveau des traces étant le plus radicalement inconscient, tandis que les images mnésiques se prêtent à toutes sortes de configurations capables de conscience, comme on le voit dans les rêves.
La distinction entre trace et image mnésique renvoie aux couples asymétriques dont j’ai parlé dans mon Rapport au CPLF de 2014 et dans mon livre The Unpast. C’est le rapport fondamental entre l’actuel (du côté trace) et le psychique (du côté image). Ce rapport se retrouve aussi entre chose et prédicat (Projet), névrose actuelle et psychonévrose, présentation et représentation, etc. (Voir L’impassé, actualité de l’inconscient, RFP, 2014 n° 5, pp. 1391 et ss.)